Tous Ensemble Spécial Présidentielles 2012

Sur 65 millions d’habitants, la France compte 24 millions de salariés et 43 millions d’électeurs (*). Ainsi en représentant quasiment 56% des électeurs, les salariés sont une force essentielle de la vie démocratique du pays. Ils constituent aussi la force vive et créatrice de richesses la plus importante, et en dépensant leur salaire pour faire vivre leur famille, en  étant les moteurs de l’économie, ils en sont un élément vital. Ce ne sont pas les riches qui font vivre l’artisan ou le commerçant du quartier, mais ceux qui y habitent, et parmi eux, il y a  une majorité de salariés. Ce ne sont pas les riches qui luttent contre les délocalisations d’entreprise mais bien les salariés. En revanche, ce sont des gens riches qui les décident et qui,  tout en accroissant leurs profits, fabriquent des chômeurs et appauvrissent les citoyens. Cela faisant, ils appauvrissent la société toute entière. Parce qu’elle défend les salariés, la CGT a  décidé d’aller voir comment les candidats aux élections présidentielles les traitent dans leur programme. Mais avant de parler des programmes, faisons un bilan des 5 Dernières années  : Certains candidats promettent au peuple français du sang et des larmes, mais n’est-ce pas déjà ce qui se passe ? En effet, chacun a pu constater autour de soi les difficultés et la misère
croissante de nos concitoyens. Le gouvernement nous a imposé 2 plans d’austérité depuis mi 2011, voyons le résultat :

L’EMPLOI EST EN MIETTES (*)
Le coût du travail en France, rapporté à sa productivité horaire, se situe en dessous de la moyenne du coût du travail européen, de plus, les employeurs bénéficient, tous les ans, d’une  exonération de cotisations sociales d’environ 30 milliards d’€, soit 150 Milliards d’€ en 5 ans. Les effets de cette politique ? C’est un emploi en miette ! Le taux de chômage est passé de 7,4% à 9,7 % de la population active entre 2008 et fin 2011. On nous dit que ce sont les salariés qui coûtent cher, or, entre 1980 et aujourd’hui, si le salaire moyen a seulement doublé,  les revenus du capital, eux, ont été multipliés par 13 !!

LE POUVOIR D’ACHAT A LA RAMASSE
Au cours des 6 derniers mois de 2011 :
• La TVA est passée pour l’alimentation, les transports et les travaux de 5.5% à 7%.
• Le gaz a augmenté de 4.4% au 1er janvier 2012. Depuis la privatisation de GDF en 2008, les tarifs du gaz ont augmenté de 65% !
• Sans compter l’annonce du président de la commission de régulation de l’électricité qui prévoit une augmentation des tarifs de 6% par an jusqu’en 2016, soit 30% !
• Les mutuelles complémentaires ont été frappées d’une nouvelle taxe s’élevant en moyenne à 5%.
Dans le même temps, le gouvernement a refusé toute augmentation du SMIC au 1er août 2011 (Elle n’est pas obligatoire lorsque le taux d’inflation est inférieur à 2% et fin juin, l’INSEE l’établissait à 1.96%) et le revalorise de 0.3% au 1er janvier 2012 ! Le SMIC brut s’élève aujourd’hui à 9.22€ de l’heure, un peu plus de 1300€ brut soit 1096€ net par mois, qui peut vivre avec 1096€ par mois ? Il faut savoir que 8.2 millions d’entre nous perçoivent moins de 950€ par mois (*). Quant à la hausse annoncée de TVA de 1,6% (pour payer un cadeau de 13 milliards d€ aux patrons), elle aura des répercussions inévitables sur les prix aggravant encore la situation des gens.

LA SANTE A DEUX VITESSES
Le jugement est encore une fois sans détour : la politique de santé du pouvoir en place est un échec. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Du déremboursement des  médicaments à la réduction des indemnités journalières en cas d’arrêt maladie, en passant par la taxation des mutuelles, le « reste à charge » des assurés sociaux ne cesse de croître au  fil du temps. Tous ces éléments ajoutés à la casse de l’hôpital public font que de plus en plus de Français renoncent à se soigner (29 % environ). Gouvernement et Medef s’apprêtent à  franchir une nouvelle étape décisive en revendiquant le transfert des cotisations sociales vers l’impôt. Les dépenses sociales ne relèveraient plus de l’assurance mais de l’impôt. Dans ce  schéma, les employeurs sont une fois de plus exonérés (13 Milliards d’€ qui s’ajoutent aux 30 milliards cités plus haut) et les citoyens mis à contribution par la hausse de la TVA. (*):  Source : INSEE

ET LA RETRAITE S’ELOIGNE
Le bilan de ce gouvernement est simple pour les salariés :
Avec un allongement de la durée de cotisation et un âge légal de départ en retraite qui est
passé en 2010 de 60 à 62 ans avec un départ à taux plein à 67 Ans au lieu de 65. Soit au
moins 2 années de plus au travail dans un contexte où les jeunes constituent avec les femmes,
la part la plus importante du nombre de chômeurs !!
Rappelons nous les énormes manifestations de fin 2010 soutenues par plus de 70% des
français. Le pouvoir a brillé par son refus du dialogue social, il a imposé aux forceps cette
loi qu’une majorité de français remettent en cause. Ils veulent revenir à l’âge légal de départ
à 60 Ans.

LA CAUSE DE TOUT CA ?
LA DETTE PUBLIQUE NOUS DIT-ON MAIS POURQUOI Y A T-IL UNE DETTE ?
Le pouvoir en place nous explique que parce qu’il dépense trop, l’État est appauvri. Il faudrait donc faire des économies en appliquant une politique d’austérité. La politique d’austérité entraîne son cortège de souffrances avec le chômage, le mal logement et la précarité qui à leur tour aggravent la récession. Personne ne veut cela pour ses enfants, il faut donc comprendre pour remédier. Si l’austérité est due à la dette publique, il est essentiel pour tous les citoyens de comprendre la question de la dette publique. Qu’en est-il exactement de  l’appauvrissement de l’État ? D’où vient le déficit ? En réalité, si les comptes publics sont dans le rouge, c’est d’abord à cause des baisses d’impôts (*). Le rapport de la commission des  finances de l’Assemblée nationale indique qu’entre2000 et 2009, le budget général de l’état a consenti 77,7 milliards de baisses d’impôts(**). Sans ces baisses d’impôts, selon le  premier rapport, la dette serait aux alentours de 64% au lieu de 84% du PIB en 2009, or, l’Europe, avec les critères de Maastricht, impose que la dette d’un état ne dépasse pas 60% du  PIB !! Autrement dit sans ces allègements fiscaux, la France serait pratiquement dans les clous de Maastricht ! Qui a bénéficié de ces allègements fiscaux qui coûtent si cher à la  population ? Les ménages les plus fortunés d’abord puisque c’est l’impôt sur le revenu qui a bénéficié de plus de la moitié des allègements fiscaux (**), et les plus grandes fortunes sont  les mieux loties avec les réformes de l’impôt sur les grandes fortunes, la bouclier fiscal ou encore la réforme sur les droits de succession. Les entreprises du CAC40 ensuite. Le rapport  cité (***) précise qu’en 2007, les entreprises – et principalement les plus puissantes car les mieux aptes à capter les avantages fiscaux – ont bénéficié de 29.5 milliards d’€  d’abattements et d’exonérations. En 2010, Total avec 10.5 milliards de bénéfices versait 5.2 milliards aux actionnaires et payait ZERO Impôt. Si l’État s’est appauvri, c’est parce qu’il  fait des cadeaux aux plus fortunés et non parce qu’il dépense trop !  On le voit, ce n’est pas l’austérité qui apporte une réponse à la crise, l’austérité ne fait que l’aggraver. Si on veut  apporter des solutions et sortir de la crise, il faut faire autre chose :

SORTIR DE LA CRISE AVEC LES 10EXIGENCES DE LA CGT
1 – Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux
Porter le SMIC à 1700€ bruts par mois et créer une dynamique sur toute l’échelle des salaires, c’est choisir la relance par la consommation.

2 – Contrôler les aides publiques aux entreprises
Conditionner les aides aux entreprises aux politiques salariale et donner des moyens d’intervention aux représentants du personnel sur le bien fondé et l’usage des aides.

3- Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
Majorer les cotisations chômage des employeurs sur les emplois précaires

4 – Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
Privilégier les créations d’emplois et l’augmentation des salaires

5 – Stopper les suppressions d’emplois
Orienter les investissements dans le développement industriel, la recherche, la préservation de l’environnement, stopper la suppression d‘un fonctionnaire sur deux.

6 – Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
Éducation, santé, recherche, infrastructures

7 – Réformer la fiscalité en profondeur
Créer de nouvelles tranches d’impôts pour les hauts revenus, augmenter l’ISF, supprimer les niches fiscales inutiles, soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction, pénaliser la spéculation et le versement de dividendes, favoriser l’investissement.

8 – Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédit à taux réduit
Pour financer l’investissement productif

9 – Taxer les mouvements spéculatifs
Éradiquer les paradis fiscaux

10 – Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique
Création par les états d’un fond avec le concours de la Banque Centrale Européenne pour financer le développement social et économique et réduire les inégalités. C’est à cette  condition que cesseront les mises en concurrence des travailleurs de toute l’Europe entre eux.

Dans nos prochaines parutions, nous étudierons les programmes des candidats à l’aune des 10 exigences de la CGT.
A bientôt pour un prochain numéro spécial élections.

(*) : Rapport sur la situation des finances publiques (établi par le DG de l’INSEE en 2010 et son prédécesseur)
(**) : Rapport d’information de la commission des finances de l’assemblée nationale (2010 – rapporteur ; Gilles CARREZ député UMP)
(***) : Rapport sur les prélèvements obligatoires des entreprises dans une économie globalisée (Rapport du conseil des prélèvements obligatoires 2009- organisme adossé à la cour des comptes)

L'audience des organisations syndicales au Siège Social

Les élections 2009 CE et DP ont été marquées par la percée de la CGC, jusque là assez peu implantée, au détriment de la CFDT.
Il est certain que la nomination d’un délégué syndical issu de la DIT qui s’est investi depuis quelques mois dans son mandat, a contribué à ce succès. Reste à voir ce que les élus de la CGC feront dans les instances sociales où ils ont été élus…
En CE, la CGT passe devant la CFDT en collège employés et récupère le 3ème poste d’élus.
Il est intéressant de noter qu’en titulaires, sur 45 votants de plus qu’au scrutin précédent, si 18 voix vont à la CGT, 32 voix se portent sur la CGC, la CFDT et FO perdant respectivement 1 et 2 voix. Nous nous posons toujours la question de savoir ce qui motive certains employés à voter CGC alors que celle-ci reste un syndicat catégoriel de cadres qui ne défend que les cadres…
En cadres, la CGT progresse de plus de 3%, la CGC de presque 12%, la CFDT perdant quant à elle plus de 15% et le leadership qu’elle détenait en cadres depuis toujours. Les écarts se sont donc très resserrés puisque la CGC est désormais à 33,80%, la CFDT à 32,69% et la CGT à 29,94%.
La participation a été beaucoup plus importante lors de ce scrutin (+7,78% en titulaires) avec également plus d’inscrits (+14,10%) ce qui a conduit à 167 votes exprimés supplémentaires. Sur ces votes, 110 sont allés à la CGC, 65 à la CGT, 11 à FO, la CFDT en perdant 15 et la CFTC, 4.
En DP, la CFDT (42.53%) reste la première organisation syndicale en employés, mais perd plus de 10% , alors que la CGC, absente lors du dernier scrutin, fait 12.22%. La CGT (41,63%) se maintient avec +0.15% récupérant tout de même 19 voix sur les 45 votes supplémentaires exprimés.
En cadres, la CGC gagne 11,80% et FO 2,25% au détriment de la CFDT (-10,74%) et de la CGT (–1,37%), pourtant les seules à avoir été actives pendant la dernière mandature. La CGC prend un poste d’élu à la CFDT et le poste supplémentaire en raison de l’augmentation des effectifs et a donc désormais 3 élus, la CFDT et la CGT en ayant 2 chacune.
Au global (en CE employés + cadres), la CFDT (34,64%) précède la CGT (32,98%) et la CGC (28,69%) mais avec des écarts qui se sont sensiblement réduits, FO et la CFTC représentant à elles deux moins de 4%.